En bref
- Une chauve-souris qui vole dans une pièce cherche la sortie : on éteint, on ouvre grand la fenêtre, on ferme la porte de la pièce et on sort. Elle part d'elle-même, en général en quelques minutes.
- On ne la poursuit pas avec un balai ou un torchon : un animal de quelques grammes s'épuise, se blesse, et finit souvent au sol ou caché derrière un meuble.
- Au sol ou affaiblie, elle a besoin d'aide : gants de cuir épais, boîte en carton fermée avec un torchon et un peu d'eau, puis appel à un correspondant SOS chauves-souris.
- Toutes les espèces de France métropolitaine sont protégées. Ne jamais la toucher à mains nues : en cas de morsure ou de griffure, on consulte sans attendre.
Pour faire sortir une chauve-souris, il faut éteindre la lumière, ouvrir grand la fenêtre, fermer la porte de la pièce et en sortir. Dans le noir, l’animal sent le courant d’air, localise l’ouverture par écholocation et s’en va seul, en général en quelques minutes. Tout ce qui ressemble à une chasse, au balai ou au torchon, retarde la sortie et met l’animal en danger. Le cas change si la chauve-souris est au sol : elle a alors besoin d’aide, avec des gants.
Pourquoi elle est entrée, surtout en cette saison
La visite n’a rien d’un hasard de calendrier. Chez la pipistrelle commune, l’espèce la plus fréquente près des maisons, la période des accouplements s’étend de fin août à fin septembre. Elle s’accompagne d’« invasions » : des groupes comprenant beaucoup de jeunes de l’année entrent dans des bâtiments, par une fenêtre ouverte ou une bouche d’aération, pour explorer des abris.
Ces jeunes manquent d’expérience. Ils prennent une fenêtre éclairée et ouverte pour une fissure intéressante, puis se retrouvent piégés dans un volume qu’ils ne connaissent pas. Une chauve-souris qui tourne en rond dans une chambre ne vous attaque pas : elle cherche la sortie et n’arrive pas à la retrouver.
En octobre, les animaux commencent aussi à chercher leurs gîtes d’hiver. La pipistrelle commune hiberne de novembre à fin mars, souvent dans des bâtiments non chauffés : combles, caissons de volets roulants, conduits de cheminée. C’est la raison pour laquelle on en trouve parfois une immobile derrière un volet ou au fond d’un garage à l’automne.
La méthode qui marche : obscurité et courant d’air
La SFEPM, la société naturaliste qui coordonne le réseau SOS chauves-souris en France, résume la conduite à tenir en quelques gestes. Ils fonctionnent parce qu’ils s’appuient sur le comportement de l’animal, pas sur la force.
- Éteignez toutes les lumières de la pièce, y compris les veilleuses et les écrans. La lumière désoriente l’animal et attire les insectes qu’il chasse.
- Ouvrez la fenêtre en grand, battants et volets compris. Une fenêtre entrouverte ou en oscillo-battant offre une ouverture trop étroite pour un animal en vol.
- Fermez la porte intérieure pour qu’elle ne parte pas dans le reste de la maison, et éloignez chats et chiens.
- Quittez la pièce et attendez. Après quelques minutes, la chauve-souris devrait être partie.
- Vérifiez sans fouiller : regardez derrière les rideaux et en haut des armoires, sans déplacer brutalement les meubles.
Le moment compte aussi. La nuit tombée, l’extérieur est plus sombre que la pièce éteinte, et le contraste guide l’animal vers la fenêtre. En plein jour, une chauve-souris égarée cherche plutôt à se cacher qu’à sortir : on peut alors laisser la pièce fermée et rouvrir la fenêtre au crépuscule.
Les gestes à éviter
| Réflexe courant | Ce qu’il provoque | À faire à la place |
|---|---|---|
| Poursuivre avec un balai, un torchon ou une raquette | Ailes déchirées, animal épuisé qui tombe et se cache | Éteindre, ouvrir, sortir de la pièce |
| Allumer toutes les lumières pour mieux voir | L’animal ne distingue plus la fenêtre de la pièce | Obscurité complète dans la pièce |
| L’attraper à mains nues | Morsure défensive possible, blessure de l’animal | Gants de cuir épais, seulement si elle est posée |
| Utiliser un répulsif ou un insecticide | Aucun effet pour la faire sortir, toxique pour elle | Rien : le courant d’air suffit |
| Fermer la fenêtre dès qu’on ne la voit plus | Elle est souvent cachée, pas partie | Laisser ouvert jusqu’au lendemain matin si possible |
Si elle est au sol, cachée ou immobile
Une chauve-souris posée au sol n’est pas dans une situation normale. Elle a besoin de se laisser tomber d’un point haut pour prendre son envol, et un sol plat la cloue sur place. La SFEPM considère qu’un animal trouvé au sol a probablement besoin d’aide.
Dans ce cas, et seulement dans ce cas, on la manipule, avec des gants de cuir épais :
- on la recouvre doucement d’une petite boîte en carton, puis on glisse un carton rigide dessous pour la retourner ;
- on place dans la boîte un torchon auquel elle peut s’agripper et un bouchon rempli d’eau ;
- on ferme la boîte, percée de quelques petits trous, et on la garde dans un endroit calme, au frais, loin des animaux domestiques.
Ensuite, on appelle un correspondant SOS chauves-souris : la SFEPM publie une carte des contacts par région sur sa page dédiée. Ce sont eux qui jugent si l’animal peut être relâché ou s’il doit partir vers un centre de soins. On ne le nourrit pas soi-même.
Pour un adulte qui ne semble pas blessé, la relâche se fait au crépuscule, près de l’endroit où il a été trouvé. La SFEPM décrit deux façons : bras tendu, la chauve-souris posée dans la paume ouverte, ou dans la boîte inclinée sur un rebord en hauteur. L’envol peut prendre une dizaine de minutes, le temps que l’animal se réchauffe. On ne la lance jamais en l’air.
Une chauve-souris trouvée derrière un volet ou dans un caisson de volet roulant en automne n’est pas forcément en difficulté. Elle s’y repose peut-être, voire s’y installe pour l’hiver. On évite alors de manœuvrer le volet et on demande conseil au réseau avant de toucher quoi que ce soit.
Ce que la loi et la prudence imposent
Toutes les espèces de chauves-souris présentes en France métropolitaine sont protégées par l’arrêté du 23 avril 2007 sur les mammifères terrestres. Le texte interdit de les détruire, de les capturer ou de les perturber intentionnellement, et protège leurs sites de reproduction et de repos. Faire sortir un animal égaré par la fenêtre ou le mettre à l’abri pour le confier au réseau d’assistance correspond exactement à ce que recommandent les naturalistes. Le tuer ou l’enfermer dans un mur ne l’est pas.
La seconde règle tient à la sécurité. L’Institut Pasteur rappelle que des virus apparentés à la rage, les lyssavirus, circulent chez certaines chauves-souris en Europe. Une chauve-souris porteuse n’est généralement pas agressive, mais elle peut mordre si on la saisit. D’où deux consignes simples :
- jamais de contact à mains nues, même avec un animal qui paraît mort ;
- toute morsure ou griffure justifie une consultation médicale rapide, même si la plaie semble minime ou ancienne.
Ce n’est pas une raison d’avoir peur d’un animal qui vole dans une chambre : tant qu’on ne le touche pas, il ne cherche qu’à repartir.
Éviter qu’elles reviennent, sans les chasser
Si une chauve-souris est entrée une fois, rien ne dit qu’elle reviendra. Si les visites se répètent, il existe sans doute un gîte à proximité : caisson de volet roulant, combles, bardage, joint de dilatation. Avant de boucher quoi que ce soit, il faut savoir si des animaux s’y trouvent encore. Un trou bouché sur une colonie, c’est un gîte protégé détruit et des animaux condamnés.
C’est là qu’une caméra de nichoir rend un service inattendu. Fixée sur un support indépendant et tournée vers la façade, elle filme en infrarouge les sorties du soir et montre par où les animaux passent, sans aucun dérangement. Le fonctionnement de l’éclairage invisible est détaillé dans notre article sur la vision nocturne des caméras. Un comptage à l’œil nu, assis dehors au coucher du soleil, donne le même renseignement avec un peu plus de patience.
Avant toute fermeture, on contacte le réseau SOS chauves-souris, qui conseille sur la période et la méthode. En parallèle, on peut offrir aux animaux une alternative extérieure : un gîte artificiel posé sur une façade ensoleillée. L’automne est justement la saison pour l’installer, comme nous l’expliquons dans notre guide du nichoir à chauve-souris.
Enfin, quelques gestes réduisent les entrées accidentelles en fin d’été : une moustiquaire sur les fenêtres des chambres, des lumières éteintes quand la fenêtre est ouverte le soir, et des grilles fines sur les bouches d’aération, posées en dehors de toute occupation. Si vous avez un nichoir équipé d’une caméra, c’est d’ailleurs le moment de le préparer pour la saison froide, avec les conseils de notre article sur le nichoir à caméra en hiver.
Questions fréquentes
Comment faire sortir une chauve-souris d'une chambre ?
Éteignez toutes les lumières de la pièce, ouvrez la fenêtre en grand, fermez la porte intérieure et sortez. Dans l'obscurité, la chauve-souris repère le courant d'air et l'ouverture, et sort d'elle-même, le plus souvent en quelques minutes. Ne la poursuivez pas et ne la frappez pas avec un objet.
Que faire d'une chauve-souris trouvée au sol ?
Une chauve-souris au sol a probablement besoin d'aide, car elle ne s'envole pas depuis une surface plane. Avec des gants de cuir épais, placez-la dans une boîte en carton fermée et percée de petits trous, avec un torchon pour s'agripper et un bouchon d'eau. Contactez ensuite un correspondant SOS chauves-souris de votre région.
Pourquoi des chauves-souris entrent-elles dans la maison en fin d'été ?
De fin août à fin septembre, la période des accouplements s'accompagne chez la pipistrelle commune d'« invasions » où des jeunes de l'année entrent dans des bâtiments. Ils explorent les fenêtres ouvertes comme des abris potentiels. Ce n'est pas le signe d'une colonie installée chez vous.
Une chauve-souris peut-elle mordre ?
Elle peut mordre pour se défendre si on la saisit. Des lyssavirus apparentés à la rage circulent chez certaines chauves-souris en Europe : on ne la touche jamais à mains nues, et toute morsure ou griffure justifie une consultation médicale rapide, même si la plaie paraît minime.
Peut-on boucher le trou par lequel les chauves-souris entrent ?
Pas tant qu'elles sont à l'intérieur : leurs gîtes de repos sont protégés, et un animal emmuré meurt. Il faut d'abord vérifier qu'aucune ne s'y trouve, par exemple en comptant les sorties au crépuscule, et demander conseil au réseau SOS chauves-souris avant tout travaux.
Sources et méthode
- SFEPM, page « SOS chauves-souris » : conduite à tenir pour une chauve-souris dans une pièce, au sol, ou un jeune isolé, et carte des correspondants régionaux (consultée le 02/10/2026) : https://www.sfepm.org/sos-chauves-souris.html
- Plan national d'actions en faveur des chiroptères, fiche « Pipistrelle commune » : gîtes dans les bâtiments, volets roulants, conduits de cheminée (consultée le 02/10/2026) : https://plan-actions-chiropteres.fr/les-chauves-souris/les-especes/pipistrelle-commune/
- Wikipédia, article « Pipistrellus pipistrellus » : période des accouplements de fin août à fin septembre, « invasions » de jeunes de l'année, hibernation de novembre à fin mars (consulté le 02/10/2026)
- Institut Pasteur, « La rage chez les chauves-souris » : lyssavirus présents chez des chauves-souris en Europe, consultation recommandée après tout contact direct (consulté le 02/10/2026) : https://www.pasteur.fr/fr/rage-chauves-souris
- Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l'ensemble du territoire, Légifrance