En bref
- La LPO recommande de ne nourrir les oiseaux qu'en période de froid, de la mi-novembre, dès les premières gelées, jusqu'à la fin mars. La boule de graisse est l'aliment de cette saison-là, pas de l'été.
- Toujours sans filet : les oiseaux s'y prennent les pattes. On retire le filet d'une boule achetée et on la place dans un support rigide, une spirale ou une mangeoire grillagée.
- Une graisse végétale, sans huile de palme ni produit laitier : les oiseaux ne digèrent pas le lactose. Margarine ou graisse végétale, mêlée de graines de tournesol, pour une boule maison.
- Par temps doux et humide, on n'en met pas : la graisse rancit et devient un vivier à bactéries. On arrête progressivement, sur sept à dix jours, quand le froid est passé.
- Une boule de graisse attire surtout les mésanges, puis les sittelles et les pics : c'est le meilleur point d'appel pour une caméra de mangeoire en hiver.
Une boule de graisse se donne en période de froid, de la mi-novembre à la fin mars, toujours sans filet et en graisse végétale. C’est la recommandation de la LPO. Le filet piège les pattes des oiseaux, la graisse animale ou laitière se digère mal, et une boule laissée par temps doux rancit et devient un vivier à bactéries. Bien posée, en revanche, c’est le meilleur moyen de faire venir les mésanges devant une caméra pendant les mois où le nichoir est vide.
Pourquoi la graisse, et pourquoi seulement l’hiver
Un petit passereau dépense en une nuit de gel une bonne part de ses réserves. Il doit les reconstituer chaque jour, pendant les heures de lumière les plus courtes de l’année, et à un moment où les insectes ont presque disparu. Les lipides sont l’aliment le plus concentré qu’il puisse trouver : c’est ce qui fait l’intérêt d’une boule de graisse en décembre et en janvier.
La même logique explique pourquoi on arrête. Au printemps, les insectes reviennent, et les adultes en nourrissent les poussins : une alimentation grasse ne convient pas aux jeunes au nid. La LPO recommande donc de nourrir de la mi-novembre, dès les premières gelées, jusqu’à la fin mars, et pas au-delà.
Le calendrier n’est qu’un repère. La LPO Auvergne-Rhône-Alpes insiste sur un point : on se règle sur la météo, pas sur la date. Un début de décembre doux et pluvieux ne justifie pas de boule de graisse ; une vague de froid fin février, si. Quand le nourrissage a commencé, il doit rester régulier, idéalement chaque matin, car les oiseaux comptent sur ce point d’appel.
Le filet : à retirer, sans exception
C’est l’erreur la plus répandue, parce que la plupart des boules vendues en grande surface sont encore emballées dans un filet plastique. Les oiseaux s’y accrochent en se nourrissant, et une patte ou une griffe peut s’y prendre. Toutes les délégations de la LPO consultées sont unanimes : uniquement des boules sans filet.
Si vous en avez déjà acheté, rien n’est perdu. On retire le filet, puis on place la boule dans un support rigide :
- une spirale métallique à suspendre, qui tient une boule à la fois ;
- une cage grillagée à mailles fines, qui en contient plusieurs ;
- une mangeoire à boules avec un toit, qui protège la graisse de la pluie.
Une fois la boule bien entamée, on peut aussi la couper en morceaux et la mettre dans une mangeoire classique. Le support se nettoie entre deux recharges, comme le reste du poste de nourrissage.
Quelle graisse : végétale, sans lait, sans sel
La composition compte autant que le filet. La boutique de la LPO ne vend plus que des boules et des pains de graisse végétale sans huile de palme, et les délégations régionales mettent en garde contre les graisses animales et les produits laitiers. Les oiseaux ne digèrent pas le lactose : beurre, fromage et lait sont exclus.
| À mettre dans une boule | À ne jamais mettre |
|---|---|
| Graisse végétale solide, margarine | Beurre, fromage, tout produit laitier |
| Graines de tournesol, de préférence noires | Lard salé, restes de charcuterie |
| Cacahuètes nature, non grillées, concassées | Cacahuètes salées, chips, aliments salés |
| Flocons d’avoine, maïs concassé | Pain sec, biscottes, pâtes, riz |
| Fruits secs ou baies sans sucre ajouté | Pommes de terre cuites, lentilles, pois |
Pour une boule maison, la méthode tient en trois gestes. On fait fondre doucement la graisse végétale, on y incorpore autant de graines qu’elle peut en lier, puis on verse le mélange dans un moule, une pomme de pin ou un rouleau de carton, et on laisse prendre au froid. La LPO Auvergne-Rhône-Alpes propose aussi une version sans cuisson : une pomme de pin ou un rouleau de carton enduit de beurre de cacahuète, puis roulé dans les graines.
Où l’accrocher pour que les oiseaux viennent sans risque
L’emplacement décide de la fréquentation, et de la sécurité des oiseaux qui viennent manger. Une boule suspendue attire des oiseaux absorbés par leur repas, peu attentifs à ce qui les entoure : elle doit donc être placée là où un prédateur ne peut pas s’approcher à couvert.
- En hauteur et dans un espace dégagé, à l’écart des murs, des massifs et des haies qui servent de cachette à un chat.
- Près d’un abri sans être dedans : un arbuste à deux ou trois mètres donne aux mésanges un refuge où se replier entre deux becquées.
- À l’écart des vitres, ou au contraire tout près, à moins d’un mètre, pour éviter les collisions à pleine vitesse.
- À l’abri de la pluie, sous un toit de mangeoire ou une branche dense, pour ralentir le rancissement.
Un point d’eau à proximité complète l’installation. Par temps de gel, c’est souvent ce qui manque le plus, et la glace se casse chaque matin.
Qui vient manger, et comment le filmer
Une boule suspendue s’adresse d’abord aux oiseaux agiles, capables de s’y accrocher la tête en bas. La boutique de la LPO le rappelle en distinguant les boules, suspendues, des pains de graisse posés à plat, plus accessibles aux espèces moins acrobatiques.
| Espèce | Comportement à la boule de graisse |
|---|---|
| Mésange charbonnière | Visiteur le plus assidu, s’accroche sous la boule |
| Mésange bleue | Plus petite, très rapide, souvent en va-et-vient |
| Mésange à longue queue | En petites bandes, plusieurs individus à la fois |
| Sittelle torchepot | Arrive la tête en bas, emporte des morceaux |
| Pic épeiche | Visite moins fréquente, souvent tôt le matin |
| Rouge-gorge, accenteur mouchet | Plutôt au sol, sous la boule, sur les miettes |
C’est cette fréquentation régulière qui en fait le meilleur sujet pour une caméra d’hiver. Une boule fixe l’oiseau au même endroit pendant plusieurs secondes, à une distance que l’on choisit : la mise au point et le cadrage se règlent une fois pour toutes. Les réglages, l’alimentation et le choix du modèle sont détaillés dans notre guide de la caméra de mangeoire.
Pour reconnaître les visiteurs à l’écran, en particulier distinguer les deux mésanges ou repérer un pic, les critères sont dans notre article sur la reconnaissance des espèces à la caméra. Et pendant ce temps, le nichoir n’est pas forcément vide : certaines mésanges y passent la nuit, ce que décrit notre page sur le nichoir filmé en hiver.
L’hygiène, et la fin de saison
Une boule de graisse concentre beaucoup d’oiseaux en un point, et c’est aussi un lieu de transmission de maladies. On remplace une boule qui a pris l’eau, moisi ou changé d’odeur, sans attendre qu’elle soit finie. Les supports et la mangeoire se brossent puis se passent à l’eau bouillante, comme le recommande la LPO Auvergne-Rhône-Alpes, et on retire les restes et les fientes accumulés dessous.
À la fin de l’hiver, on n’arrête pas d’un coup : la LPO conseille de réduire progressivement sur sept à dix jours, une fois le redoux installé. Les supports se nettoient, se désinfectent et se rangent jusqu’à l’automne suivant. Le point d’eau, lui, reste en place toute l’année.
C’est aussi le moment où la caméra change de poste. Les mésanges qui fréquentaient la boule en février prospectent déjà les cavités, et le nichoir reprend la vedette : notre calendrier d’observation indique ce qu’on peut y voir mois par mois.
Questions fréquentes
Quand mettre des boules de graisse pour les oiseaux ?
En période de froid seulement, de la mi-novembre, dès les premières gelées, jusqu'à la fin mars, selon la LPO. On se règle sur la météo plutôt que sur le calendrier : par temps doux et humide, la graisse rancit vite. On arrête progressivement, sur une semaine à dix jours, quand le froid est passé.
Faut-il enlever le filet des boules de graisse ?
Oui, toujours. Les oiseaux peuvent s'y prendre les pattes, et la LPO recommande de n'utiliser que des boules sans filet. Si vous en avez acheté avec filet, retirez-le et placez la boule dans un support rigide : spirale métallique, cage grillagée ou mangeoire prévue pour les boules.
Quelle graisse utiliser pour faire des boules de graisse maison ?
Une graisse végétale, de type margarine ou graisse végétale solide, de préférence sans huile de palme. Jamais de beurre ni d'autre produit laitier, que les oiseaux ne digèrent pas, ni de lard salé. On la fait fondre, on y incorpore des graines de tournesol, des cacahuètes non salées concassées ou des flocons d'avoine, puis on laisse prendre au froid.
Quels oiseaux mangent les boules de graisse ?
Surtout les mésanges charbonnières et bleues, très agiles, qui s'accrochent à une boule suspendue. Les sittelles et les pics épeiches y viennent aussi. Le rouge-gorge et l'accenteur mouchet, moins acrobates, profitent plutôt des miettes tombées au sol ou d'un pain de graisse posé à plat.
Peut-on laisser des boules de graisse en été ?
Non. Par temps chaud ou humide, la graisse rancit et favorise les bactéries, et les lipides ne conviennent pas aux poussins, que les adultes nourrissent d'insectes au printemps. Le nourrissage cesse à la fin de l'hiver ; seul le point d'eau reste utile toute l'année.
Sources et méthode
- LPO Auvergne-Rhône-Alpes, page « Le nourrissage hivernal » (lue le 13 octobre 2026) : nourrir selon la météo et non selon le calendrier, arrêt progressif sur 7 à 10 jours, graisse d'origine végétale de type margarine ou végétaline, aucun produit laitier, liste des aliments à proscrire (pain sec, biscottes, lait, aliments salés, lard salé, pâtes, riz, pommes de terre cuites), nettoyage à la brosse puis à l'eau bouillante, point d'eau à proximité, mangeoire en hauteur et dans un endroit dégagé.
- LPO Occitanie, délégation de l'Hérault, page « Des boules de graisses dans votre Refuge LPO » (lue le 13 octobre 2026) : boules sans filet, à ne pas proposer par temps doux et humide où elles rancissent et deviennent des viviers à bactéries.
- Boutique LPO, page « Graisse pour oiseaux » (lue le 13 octobre 2026) : boules et pains de graisse végétale, sans huile de palme ; boules suspendues adaptées aux oiseaux agiles comme les mésanges, pains posés à plat pour les espèces moins acrobatiques.
- Période de nourrissage de la mi-novembre à la fin mars : recommandation de la LPO reprise par ses délégations régionales.
- Aucune marque de boule de graisse n'a été testée par la rédaction pour cet article.